perso_la_caverneNotre association a été créée en 2010 à Blois, par un groupe d’amis pratiquant le graff, le rap, le beatmaking (certains avaient même dansé dans leur prime jeunesse …). Le contexte local à l’époque de la création de La Caverne était celui d’un réel déficit en termes de possibilités d’expression pour les artistes liés au mouvement Hip-Hop – lesquels sont pourtant nombreux et talentueux sur ce territoire. Les faits : pas de possibilités de peindre légalement sur l’agglomération, destruction ou sécurisation des dernières friches industrielles, trop peu de programmation de groupes avec une esthétique Hip-Hop dans la SMAC locale ou les autres salles de concert, un festival institutionnel sans acteurs locaux de la culture au sein du comité de pilotage, etc …

Ainsi l’objectif de base fut de s’organiser pour proposer des alternatives à ces constats, tenter d’apporter du changement.

Très rapidement, au gré du montage du projet associatif initial, nous fûmes convaincus que la défense de cette culture et de ses pratiques passerait par notre capacité à en transmettre les vertus – auprès des publics, mais aussi des institutionnels.

Selon nous, le Hip-Hop est une culture qui, par essence, permet des modes d’expression et de rencontres qui canalisent et subliment la violence et la négativité, et qui permettent de contrer des contraintes et casser des rapports de dominations (sociales, culturelles, économiques …).

En bref, un vrai levier d’éducation populaire.

Les quatre disciplines historiques du Hip-Hop, le Rap, le Graff, le Breakdance et le Djing, ont une influence considérable sur la musique, les habitudes vestimentaires, la peinture, la danse, le design, la communication, le langage, les médias … L’élément le plus populaire de ce mouvement est devenu au fil des années le rap. S’il était initialement un vecteur de révolte et d’émancipation, ainsi qu’un authentique levier d’éducation populaire, le rap est à présent, en tout cas la phase visible de l’iceberg, vecteur d’une imagerie promouvant l’amas de biens matériels, par n’importe quel moyen, comme unique possibilité d’accomplissement d’une vie. Cela est fort dommageable pour l’ensemble de son très vaste auditoire, lequel est majoritairement âgé de 11 à 30 ans. Aussi, plutôt que de permettre d’identifier les marges de manœuvre de tout un chacun dans un monde complexe, le rap commercial, consommé en flux tendu via Skyrock ou Youtube, brouille les possibilités d’actions de toute une frange de la jeunesse, en faisant le jeu d’une vision binaire du monde, tout en stéréotype et négations de la singularité des parcours individuels. Là où il pourrait contribuer à l’émancipation, il contribue à la normalisation.

Par ailleurs, et à cause de cela même, les vertus et valeurs originelles de la culture Hip-Hop sont méconnues et méprisées. Non seulement par les personnes qui en consomment ce principal avatar qu’est le rap mainstream, mais également par le reste de la société, qui limite ses expressions à ce qu’elles peuvent comporter de plus négatif : l’appât du gain, le non-respect de la femme, le mépris de la notion même de savoir et d’apprentissage.

Nous savons que la culture Hip-Hop est intrinsèquement l’opposé de cela. Elle est vecteur, d’unité, de paix, d’amour et de partage. Elle vise aussi, par essence, l’excellence individuelle et collective, et est en cela un véritable stimulateur d’exigence et de discipline. Aussi, face à l’attrait d’une écrasante majorité de la jeunesse pour l’esthétique Hip-Hop (code vestimentaire, langage, couleurs musicales, attitudes, …) nous sommes convaincus, et notre expérience de 5 années d’actions sur le territoire blésois et loir-et-cherien l’a prouvé, que les disciplines du Hip-Hop sont des leviers ultra-puissants de l’éducation non-formelle.

Depuis 2010, La Caverne c’est :

plus de 1000 heures d’ateliers, jusqu’à présent intégralement sur du temps bénévole

plus de 250 participants à des ateliers

31 partenaires (écoles, collèges, lycées, services jeunesse, maisons de quartier, centres sociaux, ALP, ALSH, ITEP, IME, FJT, éducation spécialisée, associations d’éducation populaire, associations culturelles, entreprises …)

Des publics âgés de 3 ans à 82 ans

Environ 100 artistes différents accueillis à Blois, originaires de 15 villes et 4 pays

Autour de 10500 visiteurs cumulés sur les événementiels pilotés ou co-pilotés

Et 237 personnes différentes qui ont adhéré à notre association.

Ce bilan des 5 premières années, et les nombreuses sollicitations qui nous arrivent nous poussent à faire évoluer le projet associatif, ainsi que nos modes de fonctionnement.

Le projet associatif est actuellement en cours de refonte, mais la mission de l’association pour les années à venir pourrait être synthétiser ainsi:

Concevoir des actions, des services et du conseil – formation dans les champs suivants :

1 – Arts dits urbains

2 – Jeunesses

3 – Interculturel, intergénérationnelle et international

4 – Réappropriation de l’espace public